LYRICS

SELF-SERVINGNESS
(written 2014/recorded 2014-2016/last revised 2025)
(quotes by Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), "Discours sur l'origine et les fondements de l'in galit parmi les hommes")
what do we owe ourselves
what do we owe to others
every behaviour is just a consequence of serving ourselves
Le premier qui, ayant enclos un terrain, s'avisa de dire : Ceci est moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la soci t civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de mis res et d'horreurs n'e t point pargn s au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le foss , e t cri ses semblables : Gardez-vous d' couter cet imposteur ; vous tes perdus, si vous oubliez que les fruits sont tous, et que la terre n'est personne.
will to survive which turns
into a will of power
so every trial of strength is just a consequence of serving our drives
Tant que les hommes se content rent de leurs cabanes rustiques, tant qu'ils se born rent coudre leurs habits de peaux avec des pines ou des ar tes, se parer de plumes et de coquillages, se peindre le corps de diverses couleurs, perfectionner ou embellir leurs arcs et leurs fl ches, tailler avec des pierres tranchantes quelques canots de p cheurs ou quelques grossiers instruments de musique, en un mot tant qu'ils ne s'appliqu rent qu' des ouvrages qu'un seul pouvait faire, et qu' des arts qui n'avaient pas besoin du concours de plusieurs mains, ils v curent libres, sains, bons et heureux autant qu'ils pouvaient l' tre par leur nature, et continu rent jouir entre eux des douceurs d'un commerce ind pendant : mais d s l'instant qu'un homme eut besoin du secours d'un autre ; d s qu'on s'aper ut qu'il tait utile un seul d'avoir des provisions pour deux, l' galit disparut, la propri t s'introduisit, le travail devint n cessaire et les vastes for ts se chang rent en des campagnes riantes qu'il fallut arroser de la sueur des hommes, et dans lesquelles on vit bient t l'esclavage et la mis re germer et cro tre avec les moissons.
tre et para tre devinrent deux choses tout fait diff rentes, et de cette distinction sortirent le faste imposant, la ruse trompeuse, et tous les vices qui en sont le cort ge. D'un autre c t , de libre et ind pendant qu' tait auparavant l'homme, le voil Par une multitude de nouveaux besoins assujetti, pour ainsi dire, toute la nature, et surtout ses semblables dont il devient l'esclave en un sens, m me en devenant leur ma tre ; riche, il a besoin de leurs services ; pauvre, il a besoin de leur secours, et la m diocrit ne le met point en tat de se passer d'eux.
Enfin l'ambition d vorante, l'ardeur d' lever sa fortune relative, moins par un v ritable besoin que pour se mettre au-dessus des autres, inspire tous les hommes un noir penchant se nuire mutuelle ment, une jalousie secr te d'autant plus dangereuse que, pour faire son coup plus en s ret , elle prend souvent le masque de la bienveillance ; en un mot, concurrence et rivalit d'une part, de l'autre opposition d'int r t, et toujours le d sir cach de faire son profit aux d pens d'autrui, tous ces maux sont le premier effet de la propri t et le cort ge ins parable de l'in galit naissante.
i want more
i enjoy my greed
just because
the more i got
the more you suffer
i inflate myself
to see you suffocate
C'est ainsi que les plus puissants ou les plus mis rables, se faisant de leur force ou de leurs besoins une sorte de droit au bien d'autrui, quivalent, selon eux, celui de propri t , l' galit rompue fut suivie du plus affreux d sordre : c'est ainsi que les usurpations des riches, les brigandages des pauvres, les passions effr n es de tous touffant la piti naturelle, et la voix encore faible de la justice, rendirent les hommes avares, ambitieux et m chants. Il s' levait entre le droit du plus fort et le droit du premier occupant un conflit perp tuel qui ne se terminait que par des combats et des meurtres.
what does belong to us
what does belong to others
it's neck or nothing in
a distribution battle
since the year one
Unissons-nous, leur dit-il, pour garantir de l'oppression les faibles, contenir les ambitieux, et assurer chacun la possession de ce qui lui appartient. Instituons des r glements de justice et de paix auxquels tous soient oblig s de se conformer, qui ne fassent acception de personne, et qui r parent en quelque sorte les caprices de la fortune en sou mettant galement le puissant et le faible des devoirs mutuels. En un mot, au lieu de tourner nos forces contre nous-m mes, rassemblons-les en un pouvoir supr me qui nous gouverne selon de sages lois, qui prot ge et d fende tous les membres de l'association, repousse les ennemis communs et nous maintienne dans une concorde ternelle.
Tous coururent au-devant de leurs fers croyant assurer leur libert ; car avec assez de raison pour sentir les avantages d'un tablissement politique, ils n'avaient pas assez d'exp rience pour en pr voir les dangers ; les plus capables de pressentir les abus taient pr cis ment ceux qui comptaient d'en profiter, et les sages m mes virent qu'il fallait se r soudre sacrifier une partie de leur libert la conservation de l'autre, comme un bless se fait couper le bras pour sauver le reste du corps.
Telle fut, ou dut tre, l'origine de la soci t et des lois, qui donn rent de nouvelles entraves au faible et de nouvelles forces au riche, d truisirent sans retour la libert naturelle, fix rent pour jamais la loi de la propri t et de l'in galit , d'une adroite usurpation firent un droit irr vocable, et pour le profit de quelques ambitieux assujettirent d sormais tout le genre humain au travail, la servitude et la mis re.
i want more
i enjoy
my greed
just because
the more i got the more you suffer
i inflate myself to see you suffocate
for every rich man there are a thousand poor, a thousand slaves, a thousand servants
makes me feel superior
i get less
i undergo
misery
just because
the less i got the more you control
i humble myself to let you dominate
for every thousand poor, thousand slaves, thousand servants
there is a rich man that makes us feel inferior
Les corps politiques restant ainsi entre eux dans l' tat de nature se ressentirent bient t des inconv nients qui avaient forc les particuliers d'en sortir, et cet tat devint encore plus funeste entre ces grands corps qu'il ne l'avait t auparavant entre les individus dont ils taient compos s. De l sortirent les guerres nationales, les batailles, les meurtres, les repr sailles qui font fr mir la nature et choquent la raison, et tous ces pr jug s horribles qui placent au rang des vertus l'honneur de r pandre le sang humain. Les plus honn tes gens apprirent compter parmi leurs devoirs celui d' gorger leurs semblables ; on vit enfin les hommes se massacrer par milliers sans savoir pourquoi ; et il se commettait plus de meurtres en un seul jour de combat et plus d'horreurs la prise d'une seule ville qu'il ne s'en tait commis dans l' tat de nature durant des si cles entiers sur toute la face de la terre. Tels sont les premiers effets qu'on entrevoit de la division du genre humain en diff rentes soci t s.
l'homme sauvage et l'homme polic diff rent tellement par le fond du c ur et des inclinations que ce qui fait le bonheur supr me de l'un r duirait l'autre au d sespoir. Le premier ne respire que le repos et la libert , il ne veut que vivre et rester oisif, et l'ataraxie m me du sto cien n'approche pas de sa profonde indiff rence pour tout autre objet. Au contraire, le citoyen toujours actif sue, s'agite, se tourmente sans cesse pour chercher des occupations encore plus laborieuses : il travaille jusqu' la mort, il y court m me pour se mettre en tat de vivre, ou renonce la vie pour acqu rir l'immortalit .
i want more
i enjoy my greed
just because
the more i got
the more you suffer
i inflate myself
to see you suffocate
qu'il appr t qu'il y a une sorte d'hommes qui comptent pour quelque chose les regards du reste de l'univers, qui savent tre heureux et contents d'eux-m mes sur le t moignage d'autrui plut t que sur le leur propre. Telle est, en effet, la v ritable cause de toutes ces diff rences : le sauvage vit en lui-m me ; l'homme sociable toujours hors de lui ne fait vivre que dans l'opinion des autres, et c'est, pour ainsi dire, de leur seul jugement qu'il tire le sentiment de sa propre existence.
comment, en un mot, demandant toujours aux autres ce que nous sommes et n'osant jamais nous interroger l -dessus nous-m mes, au milieu de tant de philosophie, d'humanit , de politesse et de maximes sublimes, nous n'avons qu'un ext rieur trom peur et frivole, de l'honneur sans vertu, de la raison sans sagesse, et du plaisir sans bonheur.
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